A l’occasion du 150ème anniversaire des apparitions, une année jubilaire a été ouverte du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008 inclus. Benoît XVI accorde l’indulgence plénière pour cette année jubilaire (décret du 05/12/2007).
C’est l’occasion de revenir sur la merveilleuse histoire de Notre Dame de Lourdes.
Lorsque l’on évoque le nom de Sainte Bernadette, on pense à la petite bergère de Lourdes ayant eu le privilège d’être la confidente de la Très Sainte Vierge Marie, à la grotte de Massabielle. Les nombreux miracles (67 reconnus) obtenus par l’invocation de Notre Dame de Lourdes ou l’intercession de Sainte Bernadette, semblent avoir détourné l’attention des fidèles de sa vie intérieure. Pourtant Sainte Bernadette nous laisse le témoignage d’une vie de prière intense et d’une très grande union à Dieu. Souriante, pleine d’amabilité, la simplicité de sa vie montre combien elle sut pratiquer toutes les vertus qui conduisent à la Sainteté. Au milieu de toutes les épreuves au cours de sa vie, Sainte Bernadette témoigne d’une paix intérieure inaltérable.
Son enfance
Elle naquit le 7 Janvier 1844 à Lourdes. Le surlendemain de sa naissance, la petite fille est portée à l’église paroissiale pour y être baptisée. Sa tante Bernarde Castérot (1823-1907) est sa marraine et lui donne le nom de Marie Bernarde. Tout de suite on commence à l’appeler Bernadette.
Ses parents, François Soubirous (1807-1871) et Louise Castérot (1825-1866), exploitent le moulin de Boly jusqu'en 1854. Les Soubirous ont eu au total neuf enfants, Bernadette en est l'aînée. La mère de Bernadette sut donner à ses enfants une éducation et des principes d’honnêteté. Chaque jour on disait la prière en famille et tous allaient aux offices.
A cette date, l'entreprise familiale est ruinée (trop artisanale en cette époque d'industrialisation). Bernadette connaît la faim et la maladie, elle sait à peine lire et écrire. De santé fragile (elle est notamment asthmatique), elle paraît moins que son âge. Son sentiment religieux est déjà très fort même si elle ignore à peu près tout du catéchisme (" [...] si la Sainte Vierge m’a choisie, c’est parce que j’étais la plus ignorante ! " dira-t-elle plus tard).
Les parents de Bernadette l'envoient à la ferme de Bartrès auprès de sa nourrice, Marie Aravant qui avait déjà eu la garde de Bernadette toute petite. Bernadette s’occupait, entre autre, d’être la bergère du troupeau.
Les Soubirous déménagent pour une cellule de l'ancienne prison de la rue Haute, surnommée Le cachot (que l'on peut visiter actuellement) et où ils logent à six dans 3,77 x 4,40 m, pièce sombre n’ayant qu’une seule ouverture munie de barreaux.
Bernadette avait faim de l’Eucharistie, et lorsque sa nourrice le permettait elle se rendait au catéchisme de l’Abbé Ader. Lorsque que celui-ci se retire et n’est pas remplacé, Bernadette désire alors retourner à Lourdes pour poursuivre son catéchisme.
Dès les premiers jours de 1858 elle dit donc adieu à Bartrès et à ses moutons pour revenir habiter avec les siens et le triste cachot.
C’est à ce moment que les apparitions de Massabielle ont lieu.
Apparitions de la Vierge Marie à Lourdes (France) Notre Dame de Lourdes
Les paroles de la Vierge Marie à Lourdes :
- "Ce n'est pas nécessaire." (En réponse à la question de Bernadette : " Voulez-vous avoir la bonté de mettre votre nom par écrit ? ")
- "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant 15 jours."
- "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre."
- "Pénitence ! pénitence ! pénitence ! Vous prierez Dieu pour les pécheurs.
Allez baiser la terre pour la conversion des pécheurs."
- "Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là."
1ère apparition : Jeudi 11 février 1858
Accompagnée de sa sœur Toinette (appelée ensuite Marie) et d'une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte :
"J'aperçus une dame vêtue de blanc:
elle portait une robe blanche, un voile blanc également,
une ceinture bleue, et une rose jaune sur chaque pied."
Elle fait le signe de la Croix et récite le chapelet avec la Dame.
La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.
2ème apparition : Dimanche 14 février 1858
Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l'y autorise. Devant la grotte, Bernadette et quelques compagnes s’agenouillent et les chapelets sortent des poches. Bernadette n’avait pas fini la première dizaine que les autres l’entendirent annoncer : " Elle est là ! Elle sourit " Et le visage de l’enfant s’éclaire. Elle s’approche et jette de l’eau bénite en disant : " si Vous venez de la part de Dieu, restez, sinon, allez vous en ! ".
La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.
3ème apparition : Jeudi 18 février 1858
Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d'écrire son nom. Elle lui dit :
"Ce n'est pas nécessaire."
et elle ajoute :
"Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? "
4ème apparition : Vendredi 19 février 1858
Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé.
C'est de ce geste qu'est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.
5ème apparition : Samedi 20 février 1858
La Dame lui a appris une prière personnelle.
A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.
6ème apparition : Dimanche 21 février 1858
La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure.
Une centaine de personnes l'accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu'elle a vu.
Bernadette ne lui parle que d' "AQUERO" (cela)
7ème apparition : Mardi 23 février 1858
Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte.
L'Apparition lui révèle un secret "rien que pour elle".
8ème apparition : Mercredi 24 février 1858
Message de la Dame :
"Pénitence! Pénitence! Pénitence! Priez Dieu pour les pécheurs !
Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! "
9ème apparition : Jeudi 25 février 1858
Trois cents personnes sont présentes.
"Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là."
Bernadette raconte : "elle me dit d'aller boire à la source (…) je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m'en allai"
Devant la foule qui lui demande: "Sais-tu qu'on te croit folle de faire des choses pareilles ? " Elle répond seulement:
"C'est pour les pécheurs."
10ème apparition : Samedi 27 février 1858
Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.
11ème apparition : Dimanche 28 février 1858
Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.
12ème apparition : Lundi 1er mars 1858
Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.
13ème apparition : Mardi 2 mars 1858
La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle." Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame.
Il exige en plus une preuve: voir fleurir le rosier (ou églantier ) de la Grotte en plein hiver.
14ème apparition : Mercredi 3 mars 1858
Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas. Après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. "
15ème apparition : Jeudi 4 mars 1858
La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n'en ressent plus l'irrésistible invitation.
16ème apparition : Jeudi 25 mars1858
La vision révèle son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas.
Bernadette raconte : "elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre et me dit :
"Je suis l'Immaculée Conception" ["que soy era immaculada councepciou"]
La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé qui croit alors à la réalité des apparitions de la Sainte Vierge à la grotte. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne un des privilèges accordé par Dieu à la Sainte Vierge.
Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité certaine de la foi catholique : un dogme.
17ème apparition : Mercredi 7 avril 1858
Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoura longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Dozous.
Ce docteur constata que pendant un quart d’heure la flamme toucha ainsi l’enfant sans qu’elle paraisse la sentir.
Un fait à signaler en dehors de cette apparition : le 3 Juin, Bernadette qui s’était tant préparé, fait sa première communion dans un profond recueillement et en ressent une grande joie.
18ème apparition et dernière apparition : jeudi 16 juillet 1858
Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte,
mais son accès est interdit et fermé par une palissade.
Elle se rend donc en face, de l'autre côté du Gave.
Elle voit le Vierge qui se présente à elle sous l'apparence de Notre Dame du Mont Carmel.
"Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois,
je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !"
Sa Vocation
Depuis longtemps, Bernadette se demande s’il lui faut être religieuse dans la Congrégation qui l’a entourée depuis son enfance, préparée à sa première communion, : les Sœurs de la Charité et de l’Instruction Chrétienne de Nevers, qui tiennent à Lourdes l’école et l’hospice.
En 1866 (22 ans), Bernadette quitte Lourdes pour entrer au noviciat à Nevers, et vingt jours seulement après son entrée, elle reçoit l’habit religieux.
Sœur Marie-Bernard, c’est ainsi qu’on appellera Bernadette, s’appliqua dès le début de sa vie religieuse à suivre la règle de l’ordre avec beaucoup d’ardeur mais aussi de sérénité.
Trois mois après son arrivée à Nevers, Sœur Marie-Bernard tomba gravement malade, reçoit l’Extrême-Onction et fut admise à prononcer ses vœux " à l’article de la mort ".
Mais l’heure n’était pas venue.
En Octobre 1867, Sœur Marie-Bernard renouvela , officiellement cette fois, la profession religieuse prononcée sur son lit de mourante, un an plus tôt.
Sa vie religieuse fut marquée par son humilité, sa simplicité, son obéissance.
La sévérité de ses supérieures à son égard (sans doute pour la maintenir dans l’humilité, la Mère Générale allant même jusqu’à dire à Mgr Fourcade Evêque de Nevers qu’elle est bonne à rien) allait renforcer sa sanctification.
Sœur Marie-Bernard eut l’emploi d’aide-infirmière. Elle exerça cette charge tantôt infirmière tantôt malade ave beaucoup de charité ; il fallait être victime pour l’expiation des fautes commises par les pécheurs.
La tuberculose la rongeait et progressait lentement mais inexorablement.
Les deux dernières années de sa vie, survint une tumeur au genou droit qui enfla et devient très douloureux. On la portait quelquefois à la chapelle le dimanche dans un fauteuil. Elle écrivait : " j’ai complètement perdu l’usage de mes jambes ; il me faut subir l’humiliation d’être portée ".
Le 22 Septembre 1878, elle fut admise à prononcer ses vœux perpétuels ; C’était la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, et cela convenait bien à Bernadette, souffrante depuis tant d’années.
Le 28 Mars 1879, on la trouva si faible qu’on lui proposa l’Extrême-Onction. Elle en fut très contente. Toute la Communauté s’était rassemblée autour de son lit. C’est alors qu’elle demande pardon à toutes pour les torts qu’elle a pu avoir, les peines qu’elle a pu faire, les mauvais exemples qu’elle a pu donner.
Le mercredi de Pâques 16 Avril 1879 marque le jour tant attendu du départ vers le Ciel.
On l’avait assise dans un fauteuil, ne pouvant plus garder le lit.
Elle se confessa encore une fois.
Ne pouvant plus tenir son crucifix, elle se le fit attacher sur la poitrine. Elle dit : " Mon Jésus, oh ! que je L’aime ! ".
Elle redit son acte de charité, d’une voix très nette.
Elle refit, d’une manière admirable, ce signe de croix qui impressionnait tant les assistants, devant la grotte de Lourdes et murmura une dernière fois : " Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse, maintenant et à l’heure de la mort "
Elle inclina la tête et expira.
A peine la nouvelle connue que qu’on accourt de tous côtés pour la revoir une dernière fois. On dut la laisser quatre jours exposée à la chapelle tant il y avait du monde. Le samedi, jour des funérailles, fut plutôt un triomphe qu’un enterrement.
En 1909, on ouvrit son cercueil fermé depuis trente ans, et l’on eut la surprise de constater que son corps était intact, nullement décomposé. Tel il est encore aujourd’hui, dans la châsse où tout le monde vient voir et prier Sainte Bernadette.
Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925.
Parmi tous les miracles attribués, trois ayant été particulièrement retenus, elle fut déclarée Sainte solennellement à Saint Pierre de Rome le 8 Décembre 1933 par Pie XI.
Benoît XVI viendra pour le 150ème anniversaire des Apparitions,
du samedi 13 au lundi 15 Septembre.
Les miracles


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